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COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE DU 17 Décembre 2021

"La perception de la menace : un frein pour la défense européenne ?"

 

Avec le Général François Chauvancy, Docteur en sciences de l’information et de la communication, expert en analyse géopolitique et Pierre Haroche, Docteur en sciences politiques et chercheur  « Sécurité européenne » à l’IRSEM

 

"Le projet européen est un projet d’essence française, qui se sent concernée par une défense collective qu’elle veut porter, contrairement à d’autres Etats européens. C’est cette culture stratégique française qui a conduit le pays à souligner qu’il ne pouvait pas défendre l’Europe seul, mais que les Etats européens devraient construire un projet de défense commun. L’UE n’a pas cette culture stratégique, sa construction repose historiquement sur des principes de paix et surtout sur l’économie. L’instrument de puissance militaire a été évacué dès son fondement, malgré une amélioration ces dix dernières années. Il ne change toutefois pas le logiciel de pensée de la majorité des Etats-membres, qui n’intègre pas une défense militaire commune. Aujourd’hui, l’OTAN est l’outil militaire le plus crédible pour assurer une sécurité collective aux Etats de l’UE, notamment grâce à sa clause d’intervention partagée. 

(...)"

COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE DU 27 OCTOBRE 2021

"L’impact du changement climatique sur les futurs théâtres d'opérations extérieures européennes"

Avec Sofia Kabbej, chercheure sur les impacts sécuritaires des changements climatiques à l’IRIS et doctorante à l’Université du Queensland et Nicolas Mazzuchi, chargé de recherches à la FRS et docteur en géographie économique

 

"En ce qui concerne les conflits de basse intensité, particulièrement nombreux dans « l’arc des crises » (zone MINA, Middle-East-North-Africa) où sont souvent engagées les armées françaises et européennes, le changement climatique ne fera probablement que les multiplier ou les accentuer : voyez la bande sahélo-sahélienne, où le phénomène est déjà à l’œuvre en raison de l’aggravation des sécheresses et de la désertification. Cela va entraîner soit des conflictualités plus fortes pour l’accès aux ressources, soit une accélération de la conflictualité politique pour prendre le contrôle sur certains territoires, soit des déplacements de populations, qui peuvent eux-mêmes être facteurs de nouvelles conflictualités. Donc on peut potentiellement se retrouver avec des conflits interétatiques, intra-étatiques, et des déplacements de populations majeurs. On peut également imaginer une accélération, et là malheureusement très probable, de l’intervention des forces armées dans des situations post-catastrophes naturelles, que ce soit sur le territoire français (métropole et outre-mer) ou dans des territoires étrangers, et particulièrement dans cette zone sahélienne. (...)"

COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE DU 22 SEPTEMBRE 2021

"Les enjeux géopolitiques du cyber pour l'Union européenne"

Avec Emmanuel MENEUT, chercheur spécialiste des questions de cybersécurité

"La cybersécurité est une dimension importante aujourd’hui des relations internationales et de la géopolitique, et si on se place du point de vue du décideur, c’est un nouvel environnement décisionnel. Il est confronté à différents environnements : il y a l’environnement de la dissuasion nucléaire ou l’émergence des environnements criminels. Le cyberespace et son enjeu de cybersécurité sont structurés autour de la course aux cyberarmes. Avec cette course, les stratégies qui se trouvent être le plus souvent renforcées sont celles de la diplomatie coercitive. La diplomatie coercitive est l’usage de la menace pour convaincre un adversaire de changer de comportement. Cette stratégie peut être déployée par un outil diplomatico-militaire, mais quand elle échoue, elle conduit à une guerre et qui avait une probabilité limitée de succès puisqu’il est compliqué de rendre crédible le fait d’utiliser la force sans le faire. On pense à des exemples peu convaincants, comme la première guerre du Golfe où la menace des Américains et de la coalition d’intervenir n’a pas été suffisante pour convaincre Saddam Hussein de se retirer et, il a fallu que la coalition intervienne réellement."