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Werra s'est construite autour des projets de plusieurs jeunes diplômés, conscients que la géopolitique et la sécurité sont des domaines intéressants mais aussi complexes. Ainsi, nos équipes vous offrent la possibilité de lire des mémoires de recherche de qualité, fruits d'années d'études et de recherches de certains de nos membres, vous permettant de mieux saisir les enjeux de certains domaines, de régions délicates. Cette rubrique a également pour objectif de mettre en valeur les travaux de jeunes diplômés talentueux, offrant une vision nouvelle de la géopolitique et de la sécurité.

16/07/2021

 

Mémoire de Master 2 d'Histoire des Relations Internationales - Sorbonne Université

"De l'Etat défaillant comme vecteur de conflictualité régionale : le cas libyen" par M. Daoud Noël Massenat 

 

Extrait :

 

"L’histoire du désastre actuel en Libye commence chez son voisin tunisien. Le 17 décembre 2010, dans le ville de Sidi Bouzid dans le sud de la Tunisie, Tarek (dit Mohammed) Bouazizi, un vendeur ambulant de fruits et légumes se voit confisqué sa marchandise et brutalisé par les policiers municipaux. En désespoir de cause, celui-ci s’immole par le feu. (...) C’est dans la ville que Benghazi que souffle tout d’abord le vent printanier libyen. L’arrestation d’un militant des droits de l’homme provoque des émeutes dans la grande cité de Cyrénaïque. En quête de justice, le mouvement est alors porté par les mères et les sœurs, et veuves des massacrés d’Abou Slim — une prison tripolitaine où furent exécutés sommairement 1200 jihadistes supposés le 29 juin 1996 — la manifestation prend forme dans la place principale de Benghazi, et gagne en ampleur jour après jour. Très vite, grâce à la défection de milliers de militaires, la rébellion civile s’empare de tous les postes de pouvoir et la Cyrénaïque échappe au contrôle de Kadhafi alors que dans la région occidentale voisine, la Tripolitaine, la contestation est brisée dans le sang. (...)"

08/07/2021

 

Mémoire de Master I d'Histoire - Relations internationales, Parcours sécurité-défense

"La Milk Tea Alliance, ou l'expression politique d'une colère grandissante en Asie orientale" par Mme Maël Testud-Couedic

 

Extrait : 

 

"Depuis quelques années et à l’aube du « siècle chinois », le continent asiatique et plus particulièrement l’Asie du Sud-Est, connaît un vent d’autoritarisme qui s’avère être particulièrement durable. Bien que la région ait connu des années démocratiques, relativement prospères au cours du XXème siècle, cette période semble désormais bien lointaine ; au grand damne des jeunes et des plus anciennes générations, d’autant plus que les identités restent encore en construction en Asie du SudEst. En effet, nous assistons aujourd’hui à un regain des méthodes populistes et autoritaires et à une sérieuse consolidation des régimes répressifs. L’encourageante croissance économique au tournant du XXIème siècle en Asie du Sud-Est et l’essor d’une classe moyenne n’ont pas réussi à limiter l’instabilité politique dans certains pays, comme en Thaïlande, et n’ont pas suffi à limiter l’installation pérenne de régimes politiques peu respectueux des Droits de l’Homme, à l’exemple de celui dirigé par Rodrigo Duterte aux Philippines depuis 2016. Dans le sillage du modèle chinois, les libertés politiques et publiques semblent alors très fragilisées et loin d’être acquises. (...)"

29/04/2021

 

Mémoire de Master I de Géopolitique 

"Les 'minerais de sang', facteurs de conflits au Kivu (République démocratique de Congo)" par M. Melvil Bossé

 

Extrait

 

"Depuis la fin de la Deuxième guerre du Congo en 2003, la République Démocratique du Congo (RDC) n’est officiellement plus un Etat en guerre. Ce vaste pays d’Afrique centrale, dont le territoire couvre une superficie d’environ 2 345 000 km² (soit plus de quatre fois la France), connaît pourtant des déchirements internes et un conflit qui perdure toujours aujourd’hui. C’est dans l’Est de la RDC, au sein des provinces orientales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, que les luttes armées se manifestent encore. Ainsi au Kivu, région frontalière de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la Tanzanie, se situant à 1500 km de la capitale congolaise Kinshasa, les factions rebelles et autres milices engagées dans la guerre prennent part à un conflit qui a constitué le prolongement de la « grande guerre d’Afrique » dans les années 2000. Celle-ci désigne la Deuxième guerre du Congo, qui a impliqué neuf pays africains ainsi qu’une trentaine de groupes armés entre 1998 et 2003. Il s’agit du plus important conflit interétatique de l’histoire de l’Afrique contemporaine, ayant entraîné le plus lourd bilan humain depuis la Seconde Guerre mondiale : plus de trois millions de morts, ainsi qu’un million de déplacés. (...)"

20/02/2021

 

Mémoire de Master II Géopolitique et Sécurité Internationale

"Les violences sexuelles en temps de conflit : une arme redoutable" par Mme Pauline Lepain

 

Extrait

 

"Les guerres sont le théâtre de bien des atrocités, et chaque conflit rivalise de créativité lorsqu’il s’agit des souffrances infligées aux êtres humains. Pourtant, ce ne sont pas les plus répandues qui ont toujours reçu le plus d’attention. Ainsi, les violences sexuelles en temps de conflit ont presque toujours été passées sous silence, considérées comme un dommage collatéral de la guerre, fatalement inévitable, un droit légitime des vainqueurs sur les populations vaincues. Cette supposition n’est pas complètement insensée, quand l’on sait que les sévices sexuels ont toujours fait partie intégrante de la guerre, dans toutes les sociétés et à plus ou moins grande échelle. Du célèbre rapt des Sabines succédant à la création de Rome au conflit opposant le Congo à l’Angola, en passant par la Seconde Guerre mondiale et la guerre d’indépendance du Bangladesh, le viol est monnaie courante. Toutes les armées se sont rendues coupables de terribles violences sexuelles sur les populations civiles pendant et après la Seconde Guerre mondiale (...)"

13/02/2021

 

Mémoire de Master I Géopolitique et Relations Internationales 

"Le dossier nucléaire iranien de 2002 à aujourd’hui : La diplomatie française dans le processus de négociation" par M. Marwan Rachidi

 

Extrait : 

 

"L’administration américaine accuse l’Iran et l’Irak, entre autres, de chercher à acquérir des armes de destruction massives. Dans le cadre de cette période de crispation, une rupture totale apparaît lorsque le nouveau président du régime iranien M. Ahmadinejad - élu le 24 juin 2005 succédant ainsi au modéré M. Khatami - fit le choix de tourner le dos aux exigences internationales en refusant la ratification du protocole additionnel au TNP. Ce dernier a été élu, en adoptant une posture plus dure vis-à-vis de l’Occident, par un peuple qui percevait son prédécesseur comme quelqu’un de trop laxiste, au regard des concessions faites aux Occidentaux en les laissant visiter les complexes nucléaires du pays. (...) M. Ahmadinejad refuse catégoriquement de ratifier ce texte, en plus de faire le choix de poursuivre le programme d’enrichissement en uranium. Il adopte ainsi une posture de résistance et de défi à l’égard de l’Union Européenne et des Etats-Unis, notamment en refusant les visites de l’AIEA ou toute autre agence internationale dans les centrales nucléaires et en affirmant le droit inaliénable de l’Iran à accéder à l’énergie nucléaire – aspects sur lesquels il avait basé une partie de sa campagne.  (...)"

05/02/2021

 

Mémoire de Master II Géopolitique et Sécurité internationale 

"Létalité et autonomisation : évolutions et apports pour les drones aériens militaires" par Mme Eva Burgat

 

Extrait : 

 

"Le drone aérien ne doit pas être considéré comme un « vecteur aérien » mais bien comme un système à part entière. Un « système de drones aérien » peut être défini comme « un ensemble de modules notamment techniques permettant aux opérateurs de mettre en œuvre le vecteur aérien afin de remplir la mission confiée. L’homme occupe une place centrale dans ce système, même s’il se trouve physiquement déporté à distance du vecteur aérien, parfois jusqu’à plusieurs milliers de kilomètres » (...) Le drone, de par sa capacité d’emport d’arme et de feu, voit sa nature changer. Les drones armés sont devenus de réels systèmes opérationnels ayant acquis une certaine maturité technique, permettant de remplacer certains systèmes actuels, afin de substituer l’homme ou d’effectuer des tâches qu’il n’avait pas la capacité de réaliser. Les missions pour lesquelles sont déployés ces drones passent par le commandement, le renseignement, l’opération et le soutien dans le cadre de conflits conventionnels, mais également des campagnes de contre insurrections."

30/01/2021 

 

Mémoire de Master II Géostratégie, Défense et Sécurité Internationale

"Le rapport de force entre Erbil et Bagdad et ses évolutions dans le cadre de la lutte contre l’État islamique à partir de 2014 : un renforcement stratégique de la place du Kurdistan dans l’espace régional." par Mme Alice Gueret

 

Extrait :

 

"En juin 2014, Abou Bakr Al Baghdadi annonce lors de la prise de Mossoul l’implantation en Irak et en Syrie du Califat de l’État islamique. Avec seulement quelques centaines de combattants, l’organisation terroriste parvient à s’emparer de la deuxième ville d’Irak. Cet événement semble constituer un tournant dans les relations entre Erbil et Bagdad, attribuant à la capitale du Kurdistan un poids particulier dans les dynamiques nationales et régionales, dans le cadre de la lutte anti-djihadiste. Acteur incontournable sur la scène régionale, le Gouvernement Régional du Kurdistan s’est vu conférer une confiance accrue en cette période de troubles en Irak et plus largement au Moyen-Orient (...)   Le 25 septembre 2017, un référendum sur l’indépendance est organisé dans la région autonome et les territoires disputés aux mains des Kurdes depuis 2014, provoquant l’ire de Bagdad et entraînant de lourdes conséquences sur la situation politique, économique et sociale du Kurdistan...."