Accueil » Recherche » Interviews

Les propos exprimés par les auteurs et personnes interviewées n'engagent que leur responsabilité

16/09/2021

 

Morgan Caillet s'est entretenu avec Michel Galy,  politologue, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest, ancien professeur à l'IEP de Paris et à l’ILERI, chercheur au Centre d’études sur les conflits et membre du comité de rédaction au sein de la revue Culture et Conflits. Dans cet entretien, il a accepté de nous fournir son analyse de la crise sahélienne et de la politique française en Afrique de l’Ouest.

 

"(...) La question foncière joue à différentes échelles dans ce conflit. On peut considérer la zone sahélienne dont on vient de parler. On peut se baser sur un État comme le Mali avec des dialectiques nord-sud : notamment l’opposition entre les Touaregs au nord, vivant dans l’espace qu’ils ont revendiqué et conquis en 2012 avant de le rebaptiser Azawad, et le centre de l’État malien. Ensuite, localement, se joue une opposition, en quelque sorte secondaire avec des conséquences beaucoup plus réduites, entre les pasteurs itinérants peuls et les sédentaires comme les Dozos. Ce qui explique beaucoup la situation locale avec l’implantation du Front du Macina au centre du Mali. (...)"

15/06/2021

 

Sara Faria Teixeira s'est entretenue avec Charles Thibout, chercheur doctorant au Centre européen de sociologie et de science politique. Son champ d’étude s’étend du rôle des technologies émergentes dans les relations internationales à la fonction politique des firmes transnationales numériques.

 

"(...) les nouvelles technologies de l’information et de la communication affectent les systèmes politiques présents. L’originalité de leur impact réside dans son caractère quantitatif plus que qualitatif. Les réseaux sociaux viennent simplement s’ajouter à d’autres vecteurs de propagande que sont, dans l’ordre d’apparition, les sermons à l’Église, la presse, la radio, le cinéma, la télévision. Ce qui inquiète véritablement les décideurs politiques, ce sont les tentatives de subversion par des États étrangers, des tentatives d’ingérence, qui d’une certaine manière, viennent déstabiliser le monopole de la propagande politique des dirigeants nationaux (...)"

03/06/2021

Margaux Grellety, analyste au sein de Werra, s'est entretenue avec Kévin Parthenay, docteur en science politique et auteur de Crises en Amérique latine. Les démocraties déracinées (2009-2019) publié en octobre 2020. 

 

"Clairement, les effets d’emballement ou d’émulation qu’on avait pu un temps percevoir, ou anticiper, ne se sont pas matérialisés. Ces impacts réduits donnent l’image d’une interdépendance qui est assez limitée. Je crois que ce qui résume bien les choses (...) est que même s’il y a une matrice commune concernant une fatigue de la démocratie, les crises sont singulières les unes par rapport aux autres. Les facteurs qui les font émerger sont spécifiques,(...)". En revanche, (...) on peut se demander dans quelle mesure ces crises politiques produisent des effets à l’international et comment ces effets rejaillissent sur le continent dans son ensemble". 

29/04/2021

Shainez Slama, analyste au sein de Werra, s'est entretenue avec Olivier Roy, professeur à l'Institut universitaire de Florence. Il a notamment écrit "Le Djihad et la Mort", Paris, Le Seuil, coll. « Débats », 2016.

 

"La méthode que je préconise est justement de faire le contraire de ce que nous faisons c'est-à-dire de ne pas chasser le religieux de l’espace public mais au contraire de remettre du religieux au sein de l'espace public.
Chez les jeunes radicalisés, il y a une sorte de quête mystique qui tourne mal et dès le moment où nous ne voulons plus voir de religieux dans l’espace public, le religieux est donné aux radicaux. Par exemple, il faudrait plus d'aumôniers. Les autorités pénitentiaires ont très bien compris ceci parce qu’elles ont un certain nombre de radicalisés en cellule à gérer. Il est nécessaire de les gérer afin d’éviter des révoltes à l’intérieur de la prison ou des récidives à l’extérieur de la prison."

18/03/2021

 

Shainez Slama, analyste au sein de Werra, s'est entretenue avec Salam Kawakibi, directeur du centre Arabe de Recherches et d'Etudes Politiques de Paris, membre du conseil consultatif de la Fondation Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée. Il est également président du conseil consultatif de l’organisation Ettijahat-Independent Culture. Il a notamment été le directeur de l’Institut Français du Proche-Orient (Ifpo) à Alep (Syrie) de 2000 à 2006.

 

"Les Syriens vivaient dans une culture de peur. Aujourd'hui, ils se sont débarrassés de cette peur en payant un prix colossal certes, mais ils n’ont plus peur. Ils se découvrent les uns les autres car le régime comme toute occupation extérieure s'appuie sur la règle coloniale : diviser pour mieux régner. Les Syriens étaient divisés entre tribus, communautés, ethnies. Ils se connaissaient peu, se méfiaient les uns des autres. (...)" 

02/03/2021

 

Shainez Slama, analyste au sein de Werra, s'est entretenue avec Bertrand Badie, professeur émérite à l'institut d'Etudes Politiques de Paris et spécialistes des relations internationales. Il a notamment rédigé « Les Deux États : pouvoir et société en Occident et en terre d’islam » (1997), « L'Impuissance de la puissance ; essai sur les incertitudes et les espoirs des nouvelles relations internationales » (2004), « L'Hégémonie contestée. Les nouvelles formes de domination internationale » (2019), « Intersocialités. Le monde n'est plus géopolitique » (2020). 

Vous retrouverez dans ce document des questions liées à la politique étrangère américaine.

 

"Notons d’abord que la régression de l’influence américaine au Moyen-Orient ne date pas de Trump mais d'une série d’échecs essuyés dans la période post bipolaire. L’un d’entre eux tient aux résultats désastreux de la politique néoconservatrice et de regime change mise en place par George W. Bush. C’est à partir de l’échec de l’opération en Irak que le capital américain au Moyen-Orient s’est effrité de manière remarquable, d’autant que l’échec simultané en Afghanistan venait renforcer le phénomène. "

12/02/2021

 

Claire Courtin, analyste au sein de Werra, a interviewé Hugues Eudeline, Docteur en Histoire, consultant international et ancien capitaine de vaisseau. Il est également membre correspondant de l’Académie royale de marine suédoise et vice-président de l’Institut Géopolitique et Culturel Jacques Cartier. Il a écrit plusieurs ouvrages, dont "Le dossier noir du terrorisme : la guerre moderne selon Sun Tzu". 

Vous pourrez retrouver dans cette interview les questions liées au terrorisme maritime, la piraterie mais également des exemples de missions d'un sous-marin.

 

"La Covid n’a que peu impact sur les actions terroristes maritimes qui sont menées par des gens jeunes et relativement peu nombreux. En revanche elle en a sur les équipages de navires marchands qui ne peuvent être relevés par manque de liaisons aériennes (environ 30 % des marins de commerce au monde sont Philippins). Elle impacte fortement les opérations navales en imposant de longues périodes de « quarantaine » avant d’appareiller et limite donc le nombre de bâtiments de combat présents sur mer. Les escales de détentes sont également très réduites. Les dernières opérations de terrorisme maritimes ont été menées par les rebelles Houtis du Yémen, soutenus par les Pasdaran iraniens. (...)"

10/02/2021

 

Pour Werra, notre analyste Alexis Benlarbi - De Carvalho s'est entretenu avec Enzo Allain, consultant en cybersécurité et auteur du livre "La cybersécurité en Afrique de l'Ouest : Entre cyberinfluences étrangères et cybercriminanlités endogènes". 

Vous pourrez retrouver dans cette interview les questions liées à la cybersécurité en Afrique de l'Ouest ainsi que les différents enjeux pour des pays comme la France.

 

"Certaines escroqueries africaines sont bien connues comme l’attaque nigériane ou fraude 4-1-9 - il s’agit d’une escroquerie où la victime reçoit un e-mail lui indiquant qu’une personne X bénéficie d’une grande entrée d’argent (le plus souvent d’un héritage). Par la suite l’attaquant demande l’aide de la victime pour percevoir cet argent hypothétique en lui indiquant que l’héritage est bloqué sur un compte et que les démarches coûtent quelques centaines ou milliers d’euros. (...)